Dexia SA

 

 

 

Dexia SA est né, en 1996, du rapprochement des deux principaux acteurs du financement public local en France et en Belgique : Crédit Local de France et Crédit Communal de Belgique. Ces deux institutions, de même que la Banque Internationale du Luxembourg (BIL), ont été unifiées sous la même bannière Dexia en 1999. En 2001, Arcofin SCRL a fait apport à Dexia de ses actions en Artesia BC, en échange d'actions de Dexia nouvellement créées, renforçant ainsi la banque universelle. En 2006,
profitant des fortes possibilités de développement de la Turquie tant pour la banque universelle que pour les services financiers au secteur public, Dexia a pris une participation majoritaire dans DenizBank. La crise financière d'une ampleur sans précédent de 2008 qui a entraîné des perturbations majeures sur les marchés financiers et leur liquidité ainsi que sur les risques de crédit de certains RMBS (Residential Morgage Backed Securities) et banques, a nécessité un soutien important des Etats français, belge et luxembourgeois ainsi que des actionnaires de Dexia : augmentation du capital à concurrence de 6 milliards EUR, garantie des Etats sur les dettes et sur certains actifs. Arcofin a souscrit à l'augmentation de capital et est un des plus grands actionnaires de la société avec 14,02 % du capital de Dexia.

 

Dans ce contexte, Dexia s'était engagé à se recentrer sur ses activités historiques, à améliorer son profil de risque et sa situation de liquidité ainsi qu'à réduire sa base de coût. Ainsi, dès novembre 2008, le groupe s'engageait à sortir de ses territoires non stratégiques, à diminuer fortement sa production en Public and Wholesale Banking de 52 milliards EUR en 2008 à 12 milliards EUR en 2009 et à accroître la base de dépôts de ses clients. Ces objectifs ont été atteints. De plus, 8,4 milliards EUR de dépôts additionnels ont été collectés par les métiers Banque de détail et commerciale et Public and Wholesale Banking. Dexia s'est également engagé à développer ses franchises commerciales de Banque de détail et commerciale en Belgique, en Turquie et au Luxembourg. Un programme d'investissement de 350 millions EUR a été défini pour moderniser le réseau d'agences en Belgique, dont 105 millions EUR ont déjà été engagés en 2009.

 

En Turquie, la banque a acquis 615 000 clients supplémentaires dans l'année. Par ailleurs, Dexia a signé un accord en vue de vendre Dexia Epargne Pension, cédé sa participation de 20 % dans Crédit du Nord et recentré ses activités de banque privée sur le Luxembourg et la Suisse.

 

Conformément à l'accord conclu avec la Commission européenne en février 2010, Dexia s'est engagé à céder, dans les trois années à venir, ses participations dans un certain nombre de sociétés. La cession de ces activités permettra au groupe de réduire son bilan d'environ 44 milliards EUR.

 

Conformément au calendrier, FSA Insurance a été cédé le 1er juillet 2009. Les Etats belge et français garantissent 75% des actifs du portefeuille Financial Products. Au titre de cette garantie, les Etats couvriront les pertes au-delà d'une perte de 4,5 milliards USD.

 

Au 31 décembre 2009, la provision de Dexia relative au portefeuille de Financial Products s'élève à 2 milliards USD. Il est important de noter que les ratios de solvabilité sont immunisés des pertes potentielles sur ce portefeuille garanti.

 

En matière de liquidité, le groupe a largement dépassé ses objectifs. Le profil de dette du groupe s'est allongé, avec 46 milliards EUR de dettes à moyen et long termes émises en 2009, dont 13 milliards EUR d'obligations sécurisées. La moitié de ces émissions a été effectuée sans recours à la garantie des États. La taille du bilan a été réduite de plus de 73 milliards EUR (11%) entre fin 2008 et fin 2009, notamment via 18 millliards EUR de ventes d'obligations et de prêts non stratégiques. La production de Public and Wholesale Banking a été ramenée en ligne avec ses capacités de refinancement à long terme et ses sources de financement stables (dépôts et obligations sécurisées). En conséquence, le besoin de financement à court terme a été réduit d'environ 80 milliards EUR en 2009, ce qui a permis au groupe de réduire l'encours de dette garantie par les États, de 95 milliards EUR au plus fort de son utilisation en mai 2009 à 50 milliards EUR fin décembre 2009, tout en réduisant en même temps les montants refinancés via les banques centrales, de 122 milliards EUR fin 2008 à 57 milliards EUR fin 2009. Fin 2009, Dexia disposait au bilan d'un montant d'actifs éligibles aux banques centrales de 136 milliards EUR, dont 94 milliards EUR mobilisés pour attirer du financement sécurisé via des opérations de repo et banques centrales.

 

Conformément à l'accord avec la Commission Européenne, le financement du groupe à court terme va être régulièrement réduit pour atteindre au maximum 11 % du total de bilan en 2014, avec un objectif de 23 % fin 2010. 

 

Dexia s'était engagé à réduire sa base de coûts de 600 millions EUR à l'horizon 2011, dont une économie de 200 millions EUR à réaliser en 2009. Hors charges de restructuration, 434 millions EUR d'économies ont été réalisées en 2009, dont 73 millions EUR liés à la vente de FSA Insurance. À périmètre constant, Dexia
a dépassé son objectif de réduction de coûts de 161 millions EUR en 2009.

 

Après avoir enregistré une perte de 3 326 millions EUR en 2008, Dexia a renoué avec les bénéfices en 2009. Le résultat net part du groupe s'élève à 1 010 millions EUR au 31 décembre 2009. Les revenus s'élèvent à 6 163 millions EUR en 2009, en hausse de 73 % en 2009 par rapport à l'année précédente. Les revenus cumulés des métiers Banque de détail et commerciale, Public and Wholesale Banking et Asset Management and Services ont augmenté de 16 % par rapport à 2008. Les revenus du Group Center (composé des segments Trésorerie, Portefeuilles obligataires mis en run-off et Central Assets), qui avaient été fortement touchés par la crise en 2008 (-994 millions EUR ), se montent à 898 millions EUR en 2009. En 2009, le coût du risque et les dépréciations atteignent 1 153 millions EUR, un chiffre bien supérieur à celui d'avant la crise (170 millions EUR en 2007), mais inférieur aux 3 314 EUR millions de 2008 où ce coût avait subi très fortement les effets de la crise (dont 1 665 millions EUR dus à la cession de FSA Insurance).

 

Le rendement des fonds propres est de 5,6 %, ce qui reflète les premiers effets du plan de transformation de Dexia lancé en novembre 2008. Le Conseil d'administration a proposé à l' Assemblée générale des actionnaires le paiement d'un dividende en actions ou équivalent, correspondant à un taux de distribution de 35 %.

Amélioration de la performance opérationnelle des métiers

En 2009 en ce qui concerne la Banque de détail et commerciale, le groupe a mis l'accent sur le développement de ses franchises de détail, à la fois sur ses marchés historiques et en Turquie, ce qui a engendré une excellente performance commerciale de celle-ci. Les revenus ont augmenté de 11,5 % par rapport à 2008, s'établissant à 3 035 millions EUR dont 153 millions EUR de plus-value sur la vente de la participation de 20% dans Crédit du Nord. Sans tenir compte de cette plus-value, les revenus se sont améliorés de 5,9 % par rapport à 2008. Les coûts ont diminué de 5% et le coût du risque et les dépréciations ont baissé de 28,5 % par rapport à 2008, qui avait subi les effets d'importantes prises de provisions. En conséquence, le résultat net part du groupe de 2009 s'établit à 608 millions EUR, soit 3,3 fois plus élevé qu'en 2008.

En 2010, Dexia poursuivra le déploiement de son nouveau modèle de distribution en Belgique. Dexia optimisera ses capacités de gestion de fortune et sa base de clients au Luxembourg pour renforcer ses activités de banque privée, et également, capitalisera sur un fort élan commercial en Turquie.

 

En matière de Public & Wholesale Banking, conséquence du recentrage rapide du métier sur ses franchises principales, les engagements à long terme (260 milliards EUR) ont baissé de 7,1 % par rapport à l'année précédente (280 milliards EUR). Sur les marchés historiques, l'activité de financement du secteur public a cependant bien résisté, avec des engagements en baisse de seulement 1 % en Belgique et de 4 % en France par rapport à 2008. Tout au long de l'année 2009, la production de Public & Wholesale Banking a été rentable, dans la mesure où les marges sur les nouveaux prêts ont plus que compensé la hausse du coût de financement de Dexia. Les efforts engagés en matière de collecte des dépôts et de vente croisée aux collectivités locales sur les principaux marchés a permis une augmentation de 4 % de la collecte de dépôts et des produits de placements en 2009.

 

Au niveau des financements de projets, Dexia a confirmé son expertise et la solidité de ses franchises et a gagné des mandats sur des secteurs clés comme l'infrastructure sociale, les transports, les partenariats public-privés, les énergies renouvelables et l'environnement.

 

Le métier a confirmé sa rentabilité en 2009 avec un résultat net part du groupe de 502 millions EUR, contre 388 millions EUR en 2008, qui a été négativement influencé par la charge de 199 millions EUR sur Kommunalkredit Austria. Globalement, les coûts ont baissé de 7,5 % en 2009 par rapport à 2008 ce qui a entraîné une baisse du coefficient d'exploitation de 43 % à 40 % entre 2008 et 2009.

 

En 2009, après un premier trimestre difficile marqué par des dépréciations et des pertes sur les portefeuilles de placements de l'activité d'assurance, les résultats du métier « Asset Management & Services » qui rassemble l'Asset Management, les services aux investisseurs et l'assurance, se sont améliorés en permanence tout au long de l'année. Le métier a enregistré un résultat net part du groupe de 74 millions EUR en 2009, contre une perte de 329 millions EUR en 2008.

 

Les activités du Group Center, qui rassemble les contributions des portefeuilles obligataires en run-off de Dexia (y compris le portefeuille Financial Products), les sous-segments Trésorerie et Central Assets, ont enregistré une perte nette de 173 millions EUR sur l'ensemble de l'année 2009.

Ratios de solvabilité solides

Fin décembre 2009, les fonds propres de base de Dexia s'élèvent à 18,5 milliards EUR, soit une progression de 5,8 % par rapport à décembre 2008. Les fonds propres IFRS du groupe, qui comprennent les gains et pertes latents, s'améliorent de 0,3 milliard EUR par rapport à septembre 2009, pour s'établir à 10,2 milliards EUR. Sur une base annuelle, les fonds propres du groupe augmentent de 6,3 milliards EUR, principalement grâce à la contraction de la réserve négative des titres disponibles à la vente, qui s'est améliorée de 4,8 milliards EUR. Cette amélioration s'explique essentiellement par le resserrement des spreads secondaires qui a réduit la réserve négative des actifs disponibles à la vente liée au portefeuille en run-off du groupe.

 

Dans le cadre de l'amendement IAS 39, un montant de 91,6 milliards EUR d'actifs disponibles à la vente a été reclassé dans les titres et autres créances en 2008. La réserve des actifs disponibles à la vente qui s'y rapporte s'amortit dans le temps et s'élève à 5,6 milliards EUR au 31 décembre 2009 (par rapport à -6,5 milliards EUR au 31 décembre 2008). Au 31 décembre 2009, la valeur de portage de ces actifs reclassés s'élève à 83,8 milliards EUR.

 

Si le reclassement n'avait pas été fait, un montant supplémentaire de -0,6 milliard EUR aurait été enregistré au niveau de la réserve des actifs disponibles à la vente. Fin décembre 2009, le total des risques pondérés s'élève à 143,2 milliards EUR, en recul de 1,6 milliard EUR (-1,2 %) par rapport à fin septembre 2009 et de 9,7 milliards EUR (-6,3 %) par rapport à fin décembre 2008. La diminution des risques pondérés en 2009 s'explique principalement par les efforts de réduction du bilan du groupe et par la dépréciation du dollar par rapport à l'euro.

 

En 2009, le ratio Tier 1 du groupe s'est encore amélioré de 172 bps, à 12,3%, soutenu par une croissance organique de capital Tier 1 de 1,45 milliards EUR (l'équivalent de 95 points de base), et par une diminution des risques pondérés de 9,7 milliards EUR (équivalent à 77 points de base). Le ratio core Tier 1 s'élève à 11,3 %, en progression de 50 points de base par rapport à fin septembre 2009, illustrant ainsi la solidité de la solvabilité du groupe. Le ratio core Tier 1 du groupe sera maintenu supérieur ou égal à 10,6% en 2010, comme convenu avec la Commission Européenne.

Perspectives 2010

Dans un environnement qui demeure difficile, le plan de transformation se concentrera sur le développement des franchises commerciales : Banque de détail et commerciale en Belgique, en Turquie et au Luxembourg ainsi que sur le renforcement des franchises Public & Wholesale Banking en France et en Belgique. Le groupe veillera au bon développement de Dexia Crediop, Dexia Sabadell et Dexia banka Slovensko, ainsi qu'au maintien de la qualité du service à la clientèle, dans l'attente de la cession de ces activités.

 

L'amélioration du profil de risque du groupe sera poursuivie de façon soutenue, conformément à l'accord conclu avec la Commission Européenne et se traduira par une baisse continue de la taille du bilan en 2010. Le programme visant à allonger la maturité des sources de financement du groupe sera maintenu.

 

Le plan de réduction des coûts, qui est en avance sur ses objectifs, continuera à avoir un impact positif sur la rentabilité du groupe en 2010 et en 2011.

 

Compte tenu de l'amélioration significative de la situation de liquidité du Groupe, Dexia s'engage à sortir du dispositif de garantie des Etats plus tôt que prévu initialement :

sortie des « contrats » et notamment des dépôts interbancaires au 1er mars 2010, en avance par rapport au calendrier convenu avec la Commission européenne ;

fin de toutes les émissions garanties à court terme au 31 mai 2010 ;

fin de toutes les émissions garanties à long terme au 30 juin 2010.

Chiffres clés de Dexia SA* en millions EUR  

Compte de résultats consolidé au 31 décembre

2009

 

2008

650.935

Total du bilan

651.008

11.988

Fonds propres totaux

5.618

6.163

Revenus

3.556

-3.607

Coûts

-4.119

2.556

Résultat brut d'exploitation

-563

-1.153

Coût risque et dépréciations

-3.314

1.403

Résultat avant impôts

-3.877

-314

Charge d'impôts

629

1.089

Résultat net

-3.248

-79

Intérêts minoritaires

-78

1.010

Résultat net part du groupe

-3.326

+5,6%

Rendement des fonds propres **

-22,6%

0,57

Bénéfice par action (en EUR)

-2,54

* FSA Ins. déconsolidé depuis le 2ème trimestre 2009.
** Rendement des fonds propres calculés sur les fonds propres de base